dimanche 6 octobre 2019

QH 69. « OAS PTT GPRA »

À propos d’un point de détail de la guerre d’Algérie


Classement : histoire ; France ; guerre d’Algérie




Référence
Souvenir personnel du lycée Clemenceau de Nantes, 1962-1963.
Je le signale, à toutes fins utiles, n’en trouvant aucune trace sur Internet.

Texte
Un copain de lycée avait introduit dans notre groupe de demi-pensionnaires une blague à propos de la guerre d’Algérie en train de se terminer : il s’agissait de l’assemblage de trois sigles alors connus de tous : « OAS PTT GPRA », qui se développait comme : « On A Soif Paye Ta Tournée Grand-Père Réglera l’Addition », mais qui mettait en jeu deux organisations essentielles de la situation algérienne de cette époque : l’OAS (Organisation armée secrète, créée en février 1961 par les extrémistes de l’Algérie française, dont le sigle était cité quotidiennement par la presse et la radio, et inscrit sur de nombreux murs en métropole) et le GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne, créé en septembre 1958), lui aussi bien connu, notamment à l’époque de la négociation des accords d’Évian (je me rappelle que le nom de son président, Ferhat Abbas, était fréquemment cité lui aussi).. La blague avait aussi eu recours à un sigle plus anodin, celui du ministère des PTT (Postes Télégraphe Téléphone), qui devait être d'usage assez ancien (« Paye ta tournée »), auquel avait été récemment rajouté, assez facilement  « OAS », et, de façon plus laborieuse « GPRA ».

Analyse
Vu son contenu, cette formule était certainement une plaisanterie de bistrot ; le copain (nous avions 11 ou 12 ans*) la tenait sans doute de son père ou d’un frère plus âgé.
Mais il faut reconnaître que nous la comprenions très bien (bien qu’elle ne soit pas pleinement logique dans son énoncé complet).
Note
*à cette époque, les lycées allaient de la 6ème  à la Terminale.

Commentaire
Cela se passait probablement après le cessez-le-feu du 19 mars 1962. Il est certain qu’à Nantes, l’OAS n'avait pas représenté une menace très virulente (je me rappelle cependant qu’un jour, au premier trimestre 1961-1962, notre professeur d’anglais avait constaté la présence d'une batterie de voiture abandonnée au pied du bâtiment où nous étions (qui donnait sur la rue de Richebourg), et s’en était inquiété (je ne sais plus ce qu’il a fait ensuite, s’il a prévenu qui que ce soit…).
Mais nous savions bien qu’il y avait eu des attentats, souvent mortels, et nous savions bien que la guerre avait occasionné des morts.
Et pourtant, il y avait de l'humour autour ce sujet plutôt triste.



Création : 6 octobre 2019
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : QH 69. « OAS PTT GPRA »
Lien : https://jrichardterritoires.blogspot.com/2019/10/oas-ptt-gpra.html








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