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vendredi 1 mai 2020

87. La Suisse et les Alpes d'Andersen 3. Le récit

Quelques remarques à propos du conte La Vierge des glaciers de Hans Christian Andersen


Classement : littérature ; Andersen ; Suisse ; Alpes ; lac Léman




Ceci est la suite des pages 
*La Suisse et les Alpes dans le conte d'Andersen La Vierge des glaces, dans laquelle je présente ce conte et les protagonistes (réalistes et fantastiques) du récit ;

Référence
*Hans Christian Andersen, « La vierge des glaciers », dans Contes, Paris, Garnier-Flammarion, 1970, pages 215-308
Le conte original (danois) a été publié en 1861.

Présentation
L’histoire se déroule en Suisse, dans les cantons du Valais, de Berne et de Vaud, au milieu du XIXème siècle.
C’est l’histoire d’un garçon, Rudy, qui a échappé de peu à la Vierge des glaces quand il avait deux ans et dont elle réussit à s’emparer quand il en a vingt, la veille du jour de son mariage.

Chapitres
Le conte compte 15 chapitres :
1) 217 Le petit Rudy [Chez son grand-père à Grindelwald ; rappel de la mort de ses parents]
2) 229 Le voyage vers la nouvelle patrie [le Valais]
3) 237 L’oncle [Chez son oncle ; formation de Rudy ; mort de l'oncle]
4) 245 Babette [Voyage à Interlaken et premier contact]
5) 261 Le retour [d’Interlaken]
6) 265 La visite au moulin [Demande en mariage ; le défi du meunier]
7) 271 Le nid d’aigle [capture d'un aiglon]
8) 277 Les nouvelles que raconte le chat du salon [Les fiançailles]
9) 281 La Vierge des glaces
10) 285 La marraine [Visite chez la marraine à Montreux]
11) 289 Le cousin [Brouille entre les fiancés]
12) 293 Les puissances funestes [Enchantement dans la montagne]
13) 299 Chez le meunier [Réconciliation]
14) 303 Les spectres de la nuit [Rêve étrange de Babette]
15) 307 Fin [Promenade en barque et mort de Rudy]

Résumé
1) Enfance et jeunesse de Rudy
Première enfance dans le Valais ; la mort du père
Jusqu’à l’âge de deux ans, Rudy vit avec ses parents (dans le Valais ou à Genève) ; Mais son père meurt brusquement [aucune indication n’est fournie sur la cause de sa mort] ; sa mère décide de retourner chez son père à Grindelwald (canton de Berne).

Le voyage vers Grindelwald ; la mort de la mère
Le voyage a lieu à pied au mois de juin. Rudy et sa mère sont guidés par deux chasseurs. Alors qu’ils traversent un glacier au col de la Gemmi, la mère et l’enfant tombent dans une crevasse. Leurs corps sont retirés au bout d’une heure : la mère est morte, mais Rudy peut être ranimé.
La Vierge des glaciers se trouve frustrée d’un « bel enfant » à qui elle était sur le point de « donner le baiser de la mort ». Elle poursuivra désormais Rudy de sa haine.

Deuxième enfance : Grindelwald
Rudy est confié à son grand-père ; il garde les chèvres et vend les objets que le vieil homme fabrique ; il apprend aussi du chat de la maison comment on peut grimper très haut sans craindre le vertige.

Voyage de Grindelwald au Valais
Quand il atteint l’âge de 8 ans, son oncle paternel valaisan propose de le prendre en charge pour lui apprendre un métier. Le grand-père accepte. Rudy part à pied avec, de nouveau, deux chasseurs. Ils repassent le col de la Gemmi où ils subissent une tempête de foehn, mais sans conséquence, car ils s’abritent dans un refuge.

Troisième enfance et adolescence : apprentissages chez l’oncle
Quand ils arrivent dans le Valais, Rudy est surpris par le grand nombre de « crétins » qu’ils rencontrent. D’ailleurs, il y en a un qui vit avec l’oncle et la tante, Saperli. Rudy constate que l'oncle et la tante sont beaucoup plus aisés que le grand-père. L’oncle lui enseigne le métier de tonnelier, qui ne lui dit pas grand-chose, mais aussi la chasse et la montagne, qui le passionnent. Il lui apprend aussi l’histoire du Valais, quelle était la situation dans son enfance, quand sont arrivés les soldats français qui ont changé bien des choses.

Sortie de l’adolescence : la mort de l’oncle
Un jour (Rudy  a environ 17 ans), au cours d’une chasse au chamois, l’oncle rampant sur une corniche manque être attaqué par un vautour, mais échappe au danger. En revenant, il se met à chanter, déclenche une avalanche, dont le souffle le projette sur les rochers et il est tué. Rudy, qui a survécu à cet accident, devient « le soutien de la maison ». Saperli demande à Rudy d’écrire une lettre à Jésus-Christ, proposant que lui, Saperli prenne la place de l’oncle.
À l’âge de 20 ans, il est « le meilleur chasseur » du Valais et suscite l’intérêt de beaucoup de jeunes filles.

2) Rudy et Babette
Rencontre avec Babette
Un moment décisif de cette période (qui date de l’année 1855) est sa rencontre avec Babette, la fille du meunier de Bex (ville située à l’entrée du canton de Vaud). Babette est une belle jeune fille (riche) de 18 ans. Au départ, Rudy ne la connaît que de vue, et elle ne l’a pas remarqué. Il décide tout de même d’entrer en contact avec le meunier et sa fille.

Le voyage à Interlaken
Venu à Bex, il apprend qu’ils sont absents, partis à Interlaken, à la fête du tir. Rudy rentre chez lui, puis part (à pied) pour Interlaken. Il passe par Grindelwald, près de la maison du grand-père (qui est mort entre temps).
À Interlaken, il remporte de nombreux trophées ; sa qualité de Valaisan francophone et de grand tireur attire l’attention du meunier de Bex. Rudy est introduit parmi ses proches et il prend ainsi contact avec Babette, qui est tout de suite bien disposée envers lui. Il repart avant la fin des fêtes. En repassant le col de la Gemmi, par un très mauvais temps, il est accosté par une jeune fille mystérieuse, mais refuse tout entretien avec elle.

La capture de l’aiglon et les fiançailles
Les fêtes terminées, il revient à Bex et confirme la bonne impression qu’il avait faite sur le meunier. Il évoque sa vie de montagnard, notamment la forte somme qui lui a été proposée (par un Anglais) pour ramener un aiglon niché dans un endroit « impossible ».
Quelques jours après, il vient demander la main de Babette. Le meunier est furieux, très opposé au mariage de sa fille avec un « paysan », un « chasseur » ; pensant se débarrasser de lui, il le met au défi de ramener l’aiglon. Rudy relève le défi et le meunier lui souhaite de « se rompre le cou ».
Avec l’aide de deux amis, Rudy réussit pourtant à capturer l’aiglon (après avoir d’abord tué sa mère). Il le ramène à Bex, et le meunier finit par consentir au mariage, qui est fixé à l’été suivant.

3) La période des fiançailles
La rencontre avec la marraine anglaise
Au printemps, le meunier et Babette emmènent Rudy à Montreux (Clarens) chez la marraine anglaise de la jeune fille, accompagnée de ses filles (non mariées) et d’un neveu. On visite le château de Chillon ; Babette repère l’îlot charmant qui se trouve à environ un kilomètre de là, face à Villeneuve [l’Île-de-Peilz, non nommée]. Cette journée est une épreuve pour Rudy, pas habitué aux manières de la haute société et méfiant vis-à-vis du neveu. Une légère brouille apparaît entre les fiancés.

Dispute entre les fiancés
Quelques jours après, lors d’une visite au moulin, Rudy y trouve le neveu de la marraine. Babette a préparé « des truites, entourées de persil » et Rudy trouve qu’elle en a beaucoup trop fait. Dans la soirée, l’Anglais revient tourner autour du moulin et grimpe dans un arbre pour faire sa cour à Babette, qui lui ferme les volets au nez. Mais Rudy l’a vu lui aussi et veut lui donner une leçon. Babette lui demande de laisser partir son rival, ce que Rudy interprète comme une trahison. Ils se quittent sur des mots excessifs. 

Tentation dans la montagne
Rudy rentre chez lui à pied en passant par la montagne, mais, au bout d'un moment, il se retrouve dans un monde étrange, rencontre de nouveau une jeune fille qui lui offre à boire  une boisson merveilleuse ; il est très attiré par elle. Quand il se réveille dans le froid, il n’a plus sa bague de fiançailles et est atterré par ce qu’il a failli faire dans son hallucination.
Rentré chez lui, il se convainc qu'il doit se réconcilier avec Babette. Les fiançailles sont rétablies.

4) Les jours précédant le mariage
Celui-ci doit avoir lieu à l’église de Montreux, puis chez la marraine.
Le rêve de Babette
L’avant-veille du mariage, une tempête souffle sur la vallée pendant la nuit. Babette fait un rêve étrange, dans lequel elle trompe Rudy avec l’Anglais, puis regrette de ne pas être morte le jour de ses noces. 
Au réveil, elle réussit à mettre se rêve de côté (mais ne l'oublie pas).

Voyage vers Montreux ; halte à Villeneuve
Le lendemain après-midi, ils partent de Bex pour passer la nuit à Villeneuve avant de prendre le bateau pour Montreux. 
Le soir, Rudy et Babette vont se promener et sont de nouveau attirés par l’îlot aux acacias. Il y a justement là une barque attachée sans protection.

L’île aux acacias et la mort de Rudy
Ils l’empruntent pour aller sur l’île, où ils assistent au coucher du soleil. Ils sont tous deux émerveillés et pleins de gratitude.
Babette voit alors la barque s’éloigner et Rudy se jette à l’eau pour la rattraper. Il arrive dans le « courant des eaux grises, bleuâtres, froides, que le Rhône apporte des glaciers » ; regardant vers le bas, il voit briller un anneau d’or qui se transforme en puits de glace, où se trouve la foule des péris en montagne, et plus loin, la Vierge des glaces, qui lui baise les pieds « Un froid mortel saisit ses membres… Rudy disparut au milieu de l’onde bleue et claire. ». Un orage éclate.
Sur l’île, Babette finit par comprendre que Rudy est mort. La Vierge lui apparaît dans un éclair avec Rudy à ses pieds. Elle repense à son rêve, et au bonheur Rudy avant de partir. Désespérée, elle doit passer la nuit sur l’îlot avant d'être récupérée par son père.

5) Quelques années après
Depuis lors, les touristes qui descendent du train apprennent dans leurs guides  l’histoire des fiancés de l’île aux acacias. 
Andersen indique que le meunier a vendu le moulin et cessé son activité et que lui et Babette vivent dans une autre maison qui n’évoque pas trop le souvenir de Rudy.



Création : 1° mai 2020
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Territoires
Page : 87. La Suisse et les Alpes d'Andersen 3. Le récit
Lien : https://jrichardterritoires.blogspot.com/2020/05/la-suisse-et-les-alpes-dandersen-3-le.html








mardi 28 avril 2020

86. La Suisse et les Alpes d'Andersen 2. Contextes historique, géographique et social

Quelques remarques à propos du conte La Vierge des glaciers de Hans Christian Andersen


Classement : littérature ; Andersen ; Suisse ; XIXème siècle




Ceci est la suite de la page La Suisse et les Alpes dans le conte d'Andersen La Vierge des glaces, dans laquelle je présente ce conte et les protagonistes (réalistes et fantastiques) du récit.

Référence
*Hans Christian Andersen, « La vierge des glaciers », dans Contes, Paris, Garnier-Flammarion, 1970, pages 215-308
Le conte original (danois) a été publié en 1861.

Présentation
Le récit se déroule en Suisse, dans les cantons du Valais, de Berne et de Lausanne, au milieu du XIXème siècle.
C’est l’histoire d’un garçon, Rudy, qui a échappé de peu à la Vierge des glaces quand il avait deux ans et dont elle réussit à s’emparer quand il en a vingt, la veille du jour de son mariage.

Contexte historique
À la dernière page du récit, Andersen, qui se réfère « aux guides touristiques »,  date la mort de Rudy de 1856.
Il donne plusieurs références événementielles vagues : « le chemin de fer est loin d’être terminé » (en tout cas il n’a pas atteint le Valais) (page 247) ; « on posait les rails de fer » (page 282) ; Rudy « prend l’omnibus » (page 268).
L’oncle de Rudy évoque son enfance qu’il situe au moment où les soldats français se trouvaient dans le Valais (à partir de 1798), notamment la construction par l’armée française de la route du Simplon (1801-1805).

Un point intéressant concerne l’alphabétisation : les principaux protagonistes sont capables de lire et d’écrire : de façon explicite Rudy, sa mère, son grand-père.
Andersen n’évoque cependant aucune scolarisation de Rudy, notamment quand il vit chez son grand-père ; dans le Valais, une des jeunes filles qu'il connaît est « la fille du maître d'école ». En tout cas, il semble donc normal à Andersen que ses personnages soient alphabétisés, ce qui ne prouve rien sur la situation réelle dans ces régions de Suisse vers 1850.

Andersen évoque aussi le tourisme, qui est déjà notable dans le Valais (l’oncle est chasseur et guide) et encore plus à Grindelwald (vente par un assez grand nombre d’enfants d’objets de bois taillés par les parents), ainsi que la villégiature (la marraine de Babette vient régulièrement d'Angleterre à Montreux). Sur ce point on peut admettre qu'Andersen décrit une réalité constatable à son époque.

Un point particulier, qui n’a pas d’importance (à première vue) pour le récit : le grand-père raconte à Rudy « les histoires des temps lointains et les traditions du pays de Meiringen, où le vieillard était né, pays envahi anciennement par un peuple venu de l’extrême Nord et de la race des Suédois ». Contrairement à l’impression produite par le texte, la commune de Meiringen est contiguë à celle de Grindelwald ; le village se trouve dans la vallée de l’Aar (avant qu’il atteigne le lac de Bienne), juste au nord de la vallée de la Lutschine de Grindelwald, à 6 km à vol d’oiseau. En ce qui concerne « l’origine suédoise » des habitants de Meiringen, il existait réellement une légende locale du district d’Oberhasli, recueillie en 1846 par un érudit, Johann Georg Kohl (1808-1878) (voir page Wikipédia District d’Oberhasli).

Contexte géographique
Andersen évoque d’une part les cantons du Valais et de Vaud : vallée du Rhône, lac Léman, le château de Chillon ; d’autre part le canton de Berne : la commune de Grindelwald, les Lutschine, Interlaken où a lieu une fête des chasseurs.

Un lieu important du récit est l’îlot, cause de la mort de Rudy, qu’il décrit de la façon suivante (page 286) : « un peu en arrière [de Montreux, du château de Chillon], à peu de distance de l’endroit où le Rhône se précipite dans le lac, se trouve un îlot si petit, que de la côte, on le prend pour une barque » correspond à l’Île-de-Peilz (commune de Villeneuve), située à 500 m du rivage, face à l’embouchure d’un petit cours d’eau, l’Eau Froide. Andersen reprend en les modifiant deux éléments du folklore local :  « Ce n'était, il y a cent ans, qu'un rocher. Une belle dame y fit porter de la terre et planter trois acacias. » (la tradition évoque un aménagement daté sans preuves de 1797) et le thème du fiancé noyé, (dans la tradition, les fiancés sont anglais).

Un élément géographique subit une modification notable, sans doute pour les besoins de la construction littéraire : l’itinéraire du Valais à Grindelwald
Quatre voyages (à pied) ont lieu sur ce trajet : Rudy âgé de 2 ans et sa mère vers Grindelwald ; 6 ans plus tard, Rudy et ses guides vers le Valais ; une dizaine d’années plus tard, Rudy seul vers Interlaken via Grindelwald, puis retour au bout de quelques jours.
À chaque fois, Andersen indique que les voyageurs passent « par le col de la Gemmi », mais il situe celui-ci comme s’il constituait l’accès montagnard à Grindelwald (page 252 : « Rudy passa la Gemmi pour aller à Grindelwald […]. Il dépassa les points culminants de la route et s’approcha des pâturages de la vallée où il avait passé son enfance »).
Le véritable col de la Gemmi (2300 m d’altitude) ne donne pas accès à Grindelwald. Il permet de passer de la vallée de la Dala (affluent du Rhône) à une vallée qui mène au lac de Thoune et à Interlaken ; de là il faut remonter la vallée de la Lutschine vers Grindelwald. Si on voulait passer directement de la vallée de la Lonza (affluent du Rhône) à celle de Grindelwald, il faudrait marcher longtemps en très haute montagne et notamment franchir la crête entre le Schreckhorn et le Mittelhorn.
Andersen décrit effectivement son « col de la Gemmi » comme un lieu dangereux : champs de neige, glaciers, y compris en été ; c’est d’ailleurs là que la mère de Rudy meurt dans une crevasse. Il utilise le nom d’un lieu un peu connu pour désigner un autre lieu, beaucoup plus dangereux et probablement inaccessible pour une femme avec un enfant de 2 ans.

Noms de lieux cités de façon occasionnelle
*217 : le Schreckhorn (sommet au-dessus de Grindelwald)
*217 : le Wetterhorn (sommet au-dessus de Grindelwald)
*222 : Oberland (et, p. 223 : Oberland bernois)
*222 : cascade du Staubback (Staubbach Rall) à Lauterbrunnen (au sud de Grindelwald)
*225 : Helvétie

Contexte social
Andersen évoque plusieurs catégories sociales : paysans/artisans suisses engagés dans des activités liées au tourisme (le grand-père, l’oncle) ; Rudy, quittant le grand-père de Grindelwald pour l’oncle du Valais, constate une plus grande aisance. Cet oncle a une certaine expérience des voyages dans le monde extérieur : il connaît la France (Lyon) et s’est marié avec une Française. C'est un admirateur de la France napoléonienne.
Le meunier de Bex représente une catégorie supérieure, mais toujours dans le cadre de la société traditionnelle.
Le père de Rudy, conducteur de diligence, est un élément de relative modernité, mais joue une rôle marginal dans le récit, mourant au début de la vie de son fils.
Les villégiateurs anglais représentent une catégorie extérieure et totalement différente par sa richesse et son champ d’action, dont la présence peut générer des conflits (flirt d’un jeune Anglais avec Babette).
Andersen note aussi la présence dans le Valais (pas à Grindelwald) d'assez nombreux « crétins », mais notamment à travers le personnage de Saperli, il se montre plutôt bienveillant à leur égard.

A venir
*Résumé du conte

Articles de Wikipédia consultés et mis au point pour la rédaction de cette page :
*Meiringen
*Grindelwald
*col du Simplon
*col de la Gemmi
*Île-de-Peilz
*Eau Froide



Création : 28 avril 2020
Mise à jour : 8 mai 2020 (noms de lieux cités occasionnellement)
Révision : 
Auteur : Jacques Richard
Blog : Territoires
Page : 86. La Suisse et les Alpes d'Andersen 2. Contextes historique, géographique et social
Lien : https://jrichardterritoires.blogspot.com/2020/04/la-suisse-dandersen-2-contextes.html








dimanche 26 avril 2020

85. La Suisse et les Alpes dans le conte d'Andersen La Vierge des glaces

Quelques remarques à propos du conte La Vierge des glaces de Hans Christian Andersen


Classement : littérature ; Andersen ; Suisse ; Alpes ; XIXème siècle




Référence
*Hans Christian Andersen, « La vierge des glaciers » (référence utilisée dans cette page et les suivantes : Andersen, Contes, Paris, Garnier-Flammarion, 1970, pages 215-308)
Le conte original (danois) a été publié en 1861.

Le titre
Le titre original est Iisjomfruen, qui semble signifier « La vierge des glaces » ou « La vierge de la glace » plutôt que « La vierge des glaciers ». 
Ce point reste à vérifier, le terme « iisjom » n’apparaissant nulle part ailleurs que dans ce titre, le terme « fruen » en revanche est clair : il signifie « la (-en) vierge (fru) ». Noter qu'en danois, « glace » se dit is et non pas « iis » ; « sjo(m) » fait penser à une racine scandinave signifiant « mer » : comme dans le suédois sjöman, marin (en danois sømand) ; iisjom signifierait  « mer de glace », c'est-à-dire  « glacier ».

L’auteur
Andersen est né en 1805 à Odense et est mort en 1875 à Copenhague.

Présentation
Il s’agit d’un conte dans lequel entrent bien entendu des éléments fantastiques, mais aussi des éléments réalistes sur le plan historique.
Ce conte est peu connu en France, en tout cas beaucoup moins que La Reine des neiges, alors que sur les plans littéraire et mythologique, il me semble plus intéressant (il me semble que La Reine des neiges est un conte fantastique picaresque, de structure lâche, alors que La Vierge des glaces est tragique, avec une construction plus serrée).
L’histoire se déroule en Suisse, dans les cantons du Valais, de Berne et de Vaud, au milieu du XIXème siècle.
C’est l’histoire d’un garçon qui a échappé de peu à la « Vierge des glaces » quand il avait deux ans et dont elle réussit à s’emparer quand il en a vingt, la veille du jour de son mariage.

Les protagonistes
Rudy, né dans le canton du Valais vers 1835, élevé à Grindelwald (Berne) puis dans le Valais (sans précision de lieu ; on peut supposer que c’est dans la vallée, en amont de Sion).
Son père, qui conduit la diligence de Genève en Italie par le col du Simplon, meurt quand il a deux ans.
Sa mère, originaire de Grindelwald, meurt peu de temps après son mari en rentrant avec Rudy chez son père (chute dans une crevasse).
Son grand-père maternel vit à Grindelwald, à une lieue du village et sculpte des objets en bois pour les touristes, outre des travaux agricoles (pommes de terre, chèvres) ; il élève Rudy entre 2 et 8 ans [Andersen n’évoque pas de grand-mère].
Son oncle paternel vit dans le Valais ; il est francophone ; de profession, tonnelier, mais aussi chasseur de chamois et guide ; il élève Rudy à partir de 8 ans ; il meurt quand Rudy a 17 ans environ (avalanche).
L'épouse de l'oncle, une Française (peut-être rencontrée à Lyon, où l’oncle est allé)
Saperli, un « crétin » qui vit chez l’oncle
Babette, la fille du meunier, dont Rudy tombe amoureux et avec qui il réussit à se fiancer
Le meunier de Bex, localité du canton de Vaud, juste à la limite du Valais ; le meunier est un homme riche (pour la Suisse) [il est probablement veuf, mais Andersen ne parle à aucun moment de la mère de Babette]
Annette, la fille du maître d'école (dans la région du Valais où vit l'oncle), à qui Rudy « a donné un baiser au bal, alors qu'elle n'est pas l'élue de son cœur » (ce personnage est seulement évoqué, notamment lors d'hallucinations de Rudy en montagne
La marraine de Babette, anglaise, qui réside de temps à autres à Montreux (canton de Vaud), « près de Clarens » 
Le neveu de la marraine, qui flirte avec Babette et suscite la jalousie de Rudy.

Protagonistes fantastiques
La Vierge des glaces et ses sbires, notamment les Vertiges, qui pourchassent Rudy, mais aussi les vents violents, le Foehn (la Vierge des glaces est « la fille de l'Air » ; d'une façon plus générale, elle méprise les hommes et leur soi-disant « intelligence »
Les esprits bienfaisants, qui le protègent, notamment « les filles du Soleil » (elles protègent les hommes et admirent leurs capacités techniques)
Divers animaux domestiques (chats, poules, chiens) qui font entre eux des commentaires sur les relations entre les hommes de leur entourage et peuvent communiquer avec les très jeunes enfants, notamment :
Le chat du grand-père, qui enseigne l’escalade à Rudy
Le chien Ajola qui accompagnait la diligence du père et se trouve ensuite chez le grand-père (bien qu’Andersen n’évoque pas son transfert du Valais à Grindelwald) ; au moment du départ de Rudy, il lui enseigne quelques notions sur la vie en général, notamment sur les inégalités sociales !

A suivre

A venir
*Résumé du récit



Création : 26 avril 2020
Mise à jour : 30 avril 2020
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Territoires
Page : 85. La Suisse et les Alpes dans le conte d'Andersen La Vierge des glaces
Lien : https://jrichardterritoires.blogspot.com/2020/04/la-suisse-et-les-alpes-dandersen-la.html